jeudi 20 décembre 2018

Le fléau de la peste

Le fléau de la peste présent en Europe encore plus tôt que prévu.
Par Bernadette Arnaud – 11/12/2018.

La plus ancienne souche de peste retrouvée parmi des populations agricoles du Néolithique, il y a 4900 ans, dans le sud de la Suède.

La sépulture où ont été retrouvés les restes d'une jeune femme de 20 ans dont le matériel génétique contenait la bactérie de la peste, en Suède, il y a 4900 ans. CRÉDITS: KARL-GORAN SJOGREN / UNIVERSITÉ DE GÖTEBORG

La peste a une longue histoire… plus longue même qu'estimée !

Une souche auparavant inconnue de Yersinia pestis, la bactérie à l'origine de cette dramatique maladie, vient en effet d'être trouvée dans le matériel génétique d'une jeune femme de 20 ans (Gökhem2) décédée en Suède, au Néolithique, il y a 4900 ans.

Ainsi que dans celui d'un agriculteur (Gökhem4) provenant de la même fosse funéraire de Frälsegården, à Falbygden, dans le sud du pays.

La découverte a eu lieu alors que des chercheurs analysaient les bases de données d'ADN ancien de 1058 génomes humains pour mieux comprendre l'histoire évolutive de ce fléau, rapporte un article publié le 6 décembre 2018 dans la revue Cell.
L'équipe internationale dirigée par Simon Rasmussen (Université de Copenhague, Danemark) a ainsi repéré cette souche - dite de Gökhem – qui porte les marques génétiques de la peste pneumonique.

Ce qui expliquerait pourquoi, comme l'avaient montré de précédents travaux effectués sur ce même site de Frälsegården, 78 personnes auraient été inhumées dans un laps de temps très court, il y a 4900 ans.
Toutes ayant pu périr lors d'une épidémie.

Provenant des Annales de Gilles de Muisit, conservées à la bibliothèque royale de Bruxelles (Belgique), l'épidémie de "peste noire" à Tournai en 1349. Le grand nombre de cercueils montre l'aspect massif de la mortalité liée à l'épidémie. ©Archives Snark / Photo 12 / AFP

La comparaison de cette souche de Yersinia Pestis avec celles déjà connues indique qu’elle aurait divergé vers 5783 ans.
Elle serait donc, si l’on en croit les conclusions de l’étude, la plus ancienne souche de peste identifiée à ce jour.

Jusqu’à cette trouvaille, les chercheurs pensaient en effet que ceux qui avaient introduit la peste parmi les populations agricoles d’Europe étaient des pasteurs nomades venus des steppes eurasiennes, comme le laissait entendre un article publié en 2017 dans la revue Current Biology .

Or ces résultats révèlent que la peste était déjà présente sur le continent européen avant leur arrivée.
En réalité, quand les éleveurs Yamna (ou Yamnaya) ont atteint l’Europe depuis les steppes d’Asie centrale il y a 4700 ans environ, ils auraient rencontré des populations déjà décimées par ce mal, explique Simon Rasmussen.

« Au moment où nous voyons la peste se propager, de grandes innovations technologiques, telles que le transport par chariots et la traction animale, voyaient le jour.
Un moyen idéal pour propager un agent pathogène sur de longues distances », a déclaré le généticien.

Pour les signataires de l’article, la peste se serait donc répandue via ces premiers réseaux d’échanges commerciaux, plutôt que par des vagues de migrations massives, comme cela a souvent été suggéré. 
Ces auteurs estiment surtout que l’on pourrait être, en Suède, face aux vestiges de la première grande pandémie de l’humanité.

Toutefois, rappellent ces spécialistes, les pestes du néolithique et de l’âge du bronze étaient probablement moins virulentes que les effroyables pandémies qui suivirent, à l’instar de l’épisode du règne de Justinien au VIe siècle qui fit quelque 40 millions de morts ; de la terrifiante « peste noire » du XIVe siècle, au Moyen Age, qui anéantit la moitié des habitants de l’Europe; ou encore de l’épidémie qui décima en Inde et en Chine près de 12 millions de personnes en 1855.


UNE FOSSE COMMUNE À ELLWANGEN EN ALLEMAGNE (RAINER WEISS)


La souche qui a provoqué la Peste Noire en Europe au Moyen-Âge est à l'origine des épidémies actuelles. Elle est retournée en Asie après avoir décimé le Vieux Continent.

 "Nous pensons souvent que ces super-pathogènes ont toujours existé, mais ce n'est pas le cas », rappelle Simon Rasmussen.
La peste aurait en fait évolué à partir d'un organisme moins virulent : à l’âge du Bronze, la bactérie se serait propagée d’humain à humain, par la toux, en affectant principalement le système respiratoire.

Ce n’est qu’après avoir subi plusieurs mutations génétiques que ce bacille, alors transmis par les puces et les rats, aurait évolué vers sa terrible forme bubonique, aux alentours de 1000 avant notre ère.

Toujours selon ces auteurs, cette pandémie préhistorique pourrait expliquer le déclin qu’ont connu certaines colonies de peuplement en Europe, à l’aube de l’âge du bronze. Un thème qui fait l’objet de grandes discussions.
………..
Première transmission de la peste du chien à l'homme.
Par Marc Gozlan – 04/05/2015.

Quatre personnes aux États-Unis ont été contaminées par le bacille ayant infecté le canidé.

Pour la première fois aux États-Unis, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies d'Atlanta (CDC) rapporte qu'une petite épidémie de peste pulmonaire qui s'était déclarée dans l'État du Colorado en 2014 avait en fait pour origine… un chien infecté. 
Celui-ci a contaminé son propriétaire et, au total, ce sont quatre personnes qui ont été atteintes. Aucun cas de transmission de l'agent pathogène responsable de la maladie, Yersinia pestis — présent dans les puces — n'avait jusqu'alors été rapporté pour un canidé, à l'exception d'un cas en 2009 en Chine.

 Ce chien, un Pit-bull, est mort après avoir souffert de fièvre, de troubles moteurs et de vomissements sanglants.
 Son propriétaire, qui avait été en contact étroit avec lui jusqu’à son euthanasie, a alors développé une pneumonie et ce sont les examens sanguins qui ont révélé la présence de Yersinia pestis. Les jours suivants, trois autres personnes, dont deux employés d’une clinique vétérinaire où le chien avait été admis, ont également développé une infection pulmonaire, due au même bacille comme en ont témoigné les analyses biologiques pratiquées.

Autre élément troublant : la quatrième malade a sans doute été directement contaminée par le propriétaire du chien lui-même. La transmission d’homme à homme de la peste n’avait pas été décrite sur le sol américain depuis 1924. Les quatre patients ont été traités par antibiotiques et ont tous survécu.
  





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Votre commentaire est le bienvenu à condition d'être en relation avec le sujet - il sera en ligne après accord du modérateur.

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.