mercredi 1 mai 2019

Arabie saoudite

Exécutions en Arabie saoudite : 36 décapitations, un crucifiement et un cadavre exposé en public - 24/04/2019.

Le 23 avril, Riyad a procédé à l'exécution groupée la plus importante de ces trois dernières années en tuant 37 citoyens, en majorité chiites, accusés de terrorisme.

Accusations prononcées lors de «simulacres de procès», selon Amnesty international.

Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane au siège des Nations unies à New York le 27 mars 2018 (image d'illustration). © Amir Levy Source: Reuters

Riyad a annoncé ce 23 avril avoir procédé à la décapitation de 36 citoyens et le crucifiement d'un autre (et non deux, comme nous l'écrivions précédemment en raison d'une erreur de traduction), pour la plupart chiites, accusés de crimes terroristes.

37 personnes exécutées par décapitations en Arabie Saoudite
LA RÉDACTION  23 AVRIL 2019

Le chiisme est une branche de l'islam minoritaire en Arabie saoudite, et majoritaire en Iran, pays ennemi du royaume wahhabite.

Comme le rapporte l'agence de presse AP, un des corps, celui d'un individu présenté comme un extrémiste sunnite, a été exposé sur la place publique en guise d'avertissement.

Le roi Salmane à Dhahran le 15 avril 2018. Source: Reuters

Selon un communiqué de l'ONG Amnesty international, 11 des hommes exécutés auraient été jugés coupables d'espionnage pour le compte de l'Iran et au moins 14 autres auraient été condamnés à cause de leur participation à des manifestations antigouvernementales dans les zones du pays peuplées majoritairement de chiites entre 2011 et 2012.

 L'écrivain saoudien et défenseur des droits de l'homme Fuad Ibrahim affirme pour sa part que 32 des 37 condamnés étaient des militants chiites de l'opposition.


L'un des prisonniers exécutés était Abdulkareem al-Hawaj, un jeune chiite qui n'avait que 16 ans lorsqu'il a été arrêté et condamné pour participation à des émeutes anti-gouvernementales.

Dans sa déclaration, le ministère saoudien de l'Intérieur a déclaré que les personnes exécutées avaient adopté «des idéologies extrémistes» et constitué des cellules terroristes dans le but de «semer le chaos» et de «provoquer des conflits sectaires».

Vidéo

Nicolas Sarkozy en Arabie Saoudite


Conformément à la loi en vigueur dans ce pays allié clé des Etats-Unis, les citoyens reconnus coupables ont été décapités, ou crucifié selon les cas, sur décision du tribunal pénal de Riyad, spécialisé dans les procès pour terrorisme. L'exécution a également été ratifiée par un décret du roi Salmane.

Abdennour Bidar « La lapidation, preuve extrême de la logique de violence de l’islam” Jan 17, 2016

Amnesty international affirme pourtant que les personnes exécutées ont été condamnées après des «simulacres de procès sur des aveux extorqués sous la torture».

Dénonçant «une démonstration effrayante du mépris de l'autorité [saoudienne] pour la vie humaine», l'ONG a estimé que cette exécution collective prouvait que la peine de mort pouvait être utilisée comme «un outil politique pour écraser la dissidence».

Conséquences du Mariage Temporaire en Iran

Parmi les rares réactions à cette exécution groupée, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a tweeté :
«Après avoir cligné de l'œil face au démembrement d'un journaliste, pas un bruit de l'administration Trump quand l'Arabie saoudite décapite 37 hommes en un jours - crucifiant même l'un d'eux, deux jours après Pâques.»

Vidéo
Chiisme : le mariage temporaire en Iran.

L'ONU a réagi un peu plus tard le 24 avril, condamnant des «exécutions de masse choquantes». Michelle Bachelet, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a en outre affirmé :
«Je demande urgemment au gouvernement saoudien de lancer immédiatement une révision de sa loi antiterroriste [...] afin d'interdire la peine capitale pour les mineurs.»

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (à droite) en réunion avec la ministre française de la Défense, Florence Parly, à Jeddah, en Arabie Saoudite, le 8 juillet 2018 (image d'illustration).

Il s'agit de l'exécution groupée la plus importante de ces trois dernières années dans le pays, et par conséquent, de la première de cette ampleur depuis la prise de fonctions le 21 juin 2017 du prince héritier Mohammed ben Salmane, pourtant engagé dans une tentative d'amélioration de l'image du royaume à l'international.


SHAFAQNA – Arabie saoudite et Moyen-Orient

La dernière exécution groupée de cette ampleur en Arabie saoudite avait eu lieu le 2 janvier 2016, date à laquelle le royaume avait exécuté 47 personnes, aussi accusées de terrorisme.


Trois questions pour comprendre la différence entre chiite et sunnite *

En comptant les exécutions du 23 avril, plus d'une centaine de personnes ont été mises à mort dans le pays depuis début 2019, d'après un décompte établi sur base de communiqués officiels.


……………………….

Abdennour Bidar, professeur de philosophie en classes préparatoires à Sophia-Antipolis, pose un regard lucide et courageux sur la violence inhérente à islam, et appelle les musulmans à se libérer de ses lois totalitaires.

La monstrueuse condamnation d’une femme à la lapidation par la République islamique d’Iran donne encore une fois de l’islam une image catastrophique, celle d’une religion archaïque, violente et totalitaire.

N’essayons pas en effet de dédouaner la religion islamique du meurtre programmé de Sakineh Mohammadi-Ashtiani en soutenant qu’il s’agit d’une décision politique.
Le pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad se fonde sur une idéologie reconnue comme celle d’un islam fondamentaliste.

Hélas !, la religion islamique entière se nourrit de violence.

En tant qu’intellectuel musulman, je dois prendre la responsabilité de dire cela haut et fort, en m’insurgeant contre cette sentence de lapidation au nom de la dignité de la personne humaine.

Mais je ne saurais m’en tenir à cette indignation.
Si en effet la pulsion totalitaire de la religion islamique trouve là l’une de ses expressions les plus inhumaines, il faut y voir simplement l’une des formes les plus radicales d’une logique générale qui a pris, au fil des siècles, le contrôle de la vie spirituelle des musulmans du monde.
Hélas !, la religion islamique entière se nourrit de violence.
………………….
* Trois questions pour comprendre la différence entre chiite et sunnite

SHAFAQNA – Religion la plus répandue après le christianisme, l’islam compte aujourd’hui 1,3 milliard de croyants.

Cette religion se compose de plusieurs courants. Les deux principaux sont le sunnisme (80% des fidèles) et le chiisme (15%).
La répartition entre ces deux courants apparaît clairement sur un carte du Moyen-Orient.

Voici les principaux sujets qui divisent depuis plus de mille ans les musulmans sunnites majoritaires en Arabie saoudite et chiites majoritaires en Iran.

Q: En quoi consiste la division?

R: Les divisions sont apparues lorsque la question de la succession du prophète, mort en 632, a émergé.

Certains estimaient à l’époque que le successeur du prophète devait être choisi parmi ses disciples, alors que d’autres – les chiites (partisans) d’Ali – affirmaient que Mahomet avait choisi Ali, son cousin, pour lui succéder.

Pour les sunnites, Abu Bakr, un confident du prophète, est devenu le premier successeur.
Il a été suivi par deux autres du cercle proche des partisans de Mahomet, Ali arrivant en quatrième position.

Les partisans d’Ali n’ont pas reconnu Abu Bakr ni les deux autres successeurs.

Les chiites portent une grand estime à la famille du prophète, en particulier à Ali et ses deux fils Hassan et Hussein.
L’imam Hussein a été tué avec toute sa famille en l’an 680.
L’anniversaire de sa mort donne lieu chaque année à des célébrations le jour d’Ashoura avec la participation de millions de pèlerins chiites.

Q: Quelles sont les différences religieuses?

R: Les musulmans sunnites et chiites ont en commun de nombreuses croyances et pratiques, notamment les cinq piliers de l’islam comprenant le pèlerinage à la Mecque et les cinq prières quotidiennes.

Les chiites considèrent Ali comme le premier successeur du prophète et estiment qu’il est, tout comme ses onze successeurs (imams, des modèles à suivre.

L’islam chiite possède un clergé hiérarchisé, avec des religieux occupant des rangs plus ou moins élevés (imam, ayatollah), plus que n’en possède l’islam sunnite.

Les chiites croient que le douzième successeur du prophète qui a disparu, doit revenir sur terre pour instaurer la justice et la paix avant le jour du jugement dernier.
Les musulmans sunnites jugent les quatre successeurs du prophète comme les califes “bien guidés” et n’accordent pas de signification particulière aux leaders qui sont venus ensuite.

Les musulmans chiites mentionnent Ali dans la profession de foi (shahada).
Ils ont des journées de fête et de deuil distinctes des sunnites, basées sur leur révérence à la famille du prophète, en particulier les cérémonies d’Ashoura et Arbaeen, consacrées à la commémoration de l’imam Hussein mort en martyr.

Q: Combien y-a-t-il de sunnites et de chiites dans le monde?

R: Selon une étude du centre de réflexion Pew Forum datant de 2015, il y a un peu moins de 1,6 milliard de musulmans dans le monde, dont environ 90% de sunnites.
Les 10% restants se répartissent entre différentes branches du chiisme.

La répartition des deux branches de l’islam est plus équilibrée au Moyen-Orient où se trouvent de fortes communautés chiites, majoritaires en Iran, en Irak et à Bahreïn.
Des branches du chiisme sont également présentes en Syrie, au Liban et au Yémen.

L’Iran, où 90% des 79 millions d’habitants sont chiites, est le plus grand pays chiite au monde et se solidaire généralement avec les communautés chiites moins puissantes dans d’autres pays.

Au-delà du Moyen-Orient, il existe également des branches du chiisme dans trois pays voisins de l’Iran, l’Azerbaïdjan, le Pakistan et l’Afghanistan, ainsi qu’en Inde.

L’Arabie saoudite, où ont lieu les pèlerinages de La Mecque et de Medina, est considérée comme le centre de l’islam sunnite et son roi comme “le gardien des deux mosquées saintes” qui se trouvent dans ces deux villes.

L’université al-Azhar du Caire est présentée comme l’institution académique la plus importante de l’islam sunnite et est une référence pour les croyants.

Sunnisme et chiisme dans le Moyen Orient d’aujourd’hui

La majorité des pays arabes est sunnite tandis que les chiites sont majoritaires en Iran, en Irak ainsi qu’au Yémen:

LES PAYS A MAJORITE SUNNITE
» Egypte
– Musulmans sunnites : 90 %
– Chrétiens coptes : 6%

» Arabie Saoudite
– Musulmans sunnites : 97%
– Musulmans chiites : 2,5%

» Jordanie
– Musulmans : 95% (majorité sunnites)
– Chrétiens (tous rites) : 5%

» Soudan
– Musulmans sunnites : 70%
– Croyances locales : 20%
– Chrétiens : 5%
– Autres : 5%

» Syrie
– Musulmans sunnites : 75%
– Musulmans alaouites : 11%
– Chrétiens (tous rites) : 10%
– Druzes : 4 %

» Emirats arabes unis
– Musulmans sunnites : 87%
– Musulmans chiites : 13%

» Koweit
– Musulmans sunnites : 79%
– Musulmans chiites : 21%
– Chrétiens, Hindous, Parsi et autres : 15%

» Qatar
– Musulmans sunnites : 95%
– Musulmans chiites : 10%

» Afghanistan :
Musulmans sunnites : 84 %
Musulmans chiites : 15 %

LES PAYS A FORTE PROPORTION CHIITE
» Iran
– Musulmans chiites : 80 % (Chiisme religion d’Etat)

» Liban
– Musulmans sunnites : 22%
– Musulmans chiites : 25%
– Druzes : 8%
– Chrétiens (tous rites) : 41%

» Irak
– Musulmans chiites : 51%
– Musulmans sunnites : 46%
– Chrétiens (divers rites) : 3%

» Yémen
– Musulmans sunnites : 55%
– Musulmans chiites (zaydites) : 45%

» Bahrein
– Musulmans chiites : plus de 50%
– Musulmans sunnites : 31 %














Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Votre commentaire est le bienvenu à condition d'être en relation avec le sujet - il sera en ligne après accord du modérateur.

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.