lundi 3 août 2026

 par Drieu Godefridi

2 août 2026
L'Europe telle que nous la connaissons depuis des siècles — une civilisation fondée sur une population majoritaire autochtone, une culture commune, la prospérité industrielle et une certaine conception de la liberté et de la propriété — semble vouée à disparaître.
Pas de cataclysme, mais une érosion lente et inexorable. Des tendances structurelles sont à l'œuvre qui paraissent désormais trop puissantes pour être inversées dans le temps nécessaire à les arrêter.
Même si des coalitions dites « de droite », n'ayant jamais gouverné auparavant, arrivaient au pouvoir dans plusieurs pays européens, le destin collectif de l'Europe n'en serait pas modifié.
Le problème n'est plus seulement politique ; il est démographique, énergétique, économique et institutionnel.
Ces quatre processus se tressent et se renforcent mutuellement dans une mécanique aussi sinistre que terriblement efficace.
1. L'effondrement de la base démographique autochtone
En 2024, le taux de fécondité total de l'Union européenne, migrants compris, s'élevait à 1,34 enfant par femme, bien en dessous du seuil de remplacement de 2,1.
Dans presque tous les pays, les Européens nés de parents européens affichent des taux de fécondité encore plus faibles.
La population âgée croît rapidement, le nombre de personnes en âge de travailler diminue tandis que celui des retraités explose.
Ce genre de « défi » ne peut pas être relevé par un peu plus d'immigration ; c'est le fondement même de la société qui s'effondre.
Moins d'enfants européens signifient moins de futurs contribuables, moins d'innovateurs, moins de soldats et moins de parents pour élever la génération suivante.
C'est un suicide démographique lent, multifactoriel et implacable.
Prenons l'exemple des Pays-Bas. Au nom de la préservation de la nature, ce pays a interdit toute construction neuve sur la quasi-totalité de son territoire.
Parallèlement, les Pays-Bas ont ouvert les vannes à une immigration massive en provenance du tiers monde.
Résultat : un bungalow à moitié délabré se vend à un million d'euros.
Ce prix rend l'accession à la propriété – et même la location d'un logement décent – ​​strictement impossible pour l'immense majorité des jeunes Néerlandais nés de parents eux-mêmes nés aux Pays Bas.
Or le logement est la condition de base pour procréer.
On n'a pas d'enfants quand, à 30 ans, on vit encore chez ses parents ou dans un studio hors de prix.
Une étude de l'Institut démographique interdisciplinaire des Pays-Bas estime que cette crise du logement est responsable de la baisse de la natalité, pour un quart au moins, l'immigration massive et les restrictions environnementales en matière de construction faisant le reste.
2. Tiers-mondisation démographique
Parallèlement, l'immigration massive en provenance d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie du Sud « compense », comme aime à le dire la gauche, le faible taux de natalité des populations autochtones – mais seulement partiellement.
En 2023, près de 6 millions de personnes ont immigré dans l'UE, dont 4,9 millions en provenance de pays du tiers monde.
En 2025, environ 64 millions de personnes nées hors de l'UE y résidaient, soit environ 14 % de la population totale.
En 2024, 15 % des naissances dans l'UE étaient le fait de mères non ressortissantes d'un pays membre. Ce taux est de 20 % et plus en Allemagne, en Espagne, au Portugal, au Luxembourg et dans d'autres pays.
L'assimilation des immigrés n'a pas eu lieu.
Au contraire, plusieurs pays révèlent des phénomènes de ségrégation, des revendications identitaires parallèles (islamistes, mais pas seulement) et une montée des tensions culturelles et sécuritaires.
L'Europe ne se contente pas d'échouer à se « renouveler » : elle se transforme, mute, se métamorphose en quelque chose de radicalement différent, de moins européen, de moins productif à long terme et de moins cohérent.
Le nombre de viols en Europe explose.
Les statistiques criminelles ventilées par pays d'origine révèlent toutes une surreprésentation massive de populations du tiers monde pour ce type de délits. Importer le tiers monde, c'est devenir le tiers monde.
3. Une politique énergétique insensée
L'écologisme et divers engagements politiques européens comme le Pacte vert et la taxe carbone, ont amené l'Europe a saboter volontairement ses marchés de l'énergie.
L'exemple le plus flagrant reste l'Allemagne et sa transition énergétique (Energiewende) : fermeture des centrales nucléaires, déploiement massif de l'énergie solaire et éolienne, flambée des prix de l'électricité et accélération de la désindustrialisation.
Les prix de l'énergie resteront donc structurellement plus élevés en Europe qu'en Asie ou dans la majeure partie des États-Unis.
On ne peut impunément entretenir et financer deux réseaux de production d'électricité parallèles : un réseau intermittent pour satisfaire les idéologues, et un réseau permanent pour permettre aux citoyens d'avoir accès à l'électricité et au chauffage.
L'industrie lourde — chimie, sidérurgie, automobile, verrerie — a perdu sa compétitivité. Les entreprises délocalisent ou ferment. Cette politique n'est pas seulement coûteuse ; elle est fondamentalement idéologique et autodestructrice.
Elle fragilise le socle productif qui finance l'ensemble du système. Les États-Unis inventent, la Chine copie, l'Europe légifère : une évidence certes, mais terriblement juste.
Malheureusement, cette évidence a un prix : l'effondrement relatif de l'économie européenne dans un monde en croissance.
En Belgique, par exemple, l'électricité coûte trois fois plus cher que la moyenne américaine, et le gaz naturel cinq fois plus cher.
Aucun secteur industriel ne peut rivaliser sur les marchés mondiaux avec un tel fardeau.
L'accès à une énergie bon marché est une condition sine qua non. L'Europe l'a oublié. Qui sait s'il n'est pas déjà trop tard.
4. Effondrement économique
La dette publique est hors contrôle dans plusieurs grands pays, dont la France. Les retraites publiques d'une population vieillissante d'un côté et la couverture santé universelle et les aides sociales aux migrants de l'autre, ont un coût qui explose et continuera d'exploser au cours des prochaines décennies.
Les rapports du FMI soulignent tous que le vieillissement de la population pèsera lourdement sur les finances publiques.
Le système de retraite par répartition, fondé sur le ratio entre actifs et retraités, devient mathématiquement intenable avec l'effondrement de la population autochtone et le poids des immigrés qui bénéficient de prestations et de services publics sans réellement contribuer à la croissance économique.
Le calcul est simple. Les gouvernements sont confrontés à un choix impossible : réduire drastiquement les pensions ou augmenter massivement les impôts et les cotisations sociales, confisquant ainsi davantage de biens privés.
Telle est la « solution » préconisée par de prétendus « économistes » à la Thomas Piketty, et elle a toujours été, en tout lieu et en toute histoire économique, le prélude à un effondrement collectif.
Le capitalisme sans capital est une élucubration classique de la théorie française.
5. L'UE, le verrou ultime
L'Union européenne n'est pas un marché commun ; c'est un système supranational non élu, opaque et irresponsable qui impose des politiques rigides à tous les États membres.
Le « marché commun » est partiel , fragile et truffé d'exceptions.
Un entrepreneur belge sera dissuadé de développer son activité en France en raison des complications juridiques et administratives ; c'est d'ailleurs la raison même de leur existence : empêcher la réussite privée.
En réalité, le marché européen n'est pas « commun » ; seules les innombrables réglementations européennes le sont.
Les règles relatives à la migration, à l'asile, à l'énergie, au climat, à la concurrence et aux aides publiques limitent considérablement la marge de manœuvre des États membres.
Même un gouvernement national déterminé à reprendre le contrôle de ses frontières, à relancer le nucléaire ou à réduire drastiquement les dépenses sociales se heurtera aux traités, aux directives, à la Cour de justice de l'Union européenne et à la menace de sanctions financières.
L'UE agit donc comme un mécanisme de blocage permanent contre les réformes radicales dont on a si urgemment besoin.
Ce que les victoires de la « droite » vont — et ne vont pas — changer
Dans les années à venir, des élections nationales pourraient porter au pouvoir des partis plus intransigeants sur l'immigration et plus sceptiques face aux contraintes de la transition énergétique.
Ces victoires sont déjà en cours dans plusieurs pays.
Mais que pourront réellement faire ces partis face à des millions de nouveaux retraités qu'on ne pourra financer avec une base de cotisations en baisse ?
Ou face à des engagements financiers déjà contractés ?
Ou encore face à des réglementations européennes qui interdisent de nombreuses solutions ?
La réponse est simple : comme les autres, ils seront contraints d'accroître la pression sur ceux qui travaillent et épargnent encore – au moyen de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur la fortune, des droits de succession, de divers prélèvements et d'une inflation rampante.
Prenons l'exemple des opérations boursières : d'abord, la transaction boursière est imposée.
Puis, sont taxées les plus-values ​.
Aux Pays-Bas, même les plus-values ​​latentes sont imposées – c'est-à-dire des gains qui n'existent même pas et qui pourraient se transformer en pertes.
Au final, il reste un contribuable qui, pour sauver ce qui peut encore l'être, fera ses valises.
Il découvrira alors les joies de la taxe de sortie, qui ponctionnera une part importante de son patrimoine avant de le laisser partir.
Ces nouveaux partis « de droite » pourraient toutefois, on l'espère, accélérer la simplification des formalités administratives, éliminer les réglementations inutiles, baisser les impôts et offrir des incitations à la croissance économique.
En attendant, tout l'existant équivaut à une forme de confiscation progressive de la propriété privée, la seule variable d'ajustement restante lorsqu'on refuse de toucher aux tabous démographiques, migratoires et énergétiques.
Le précédent romain classique
La civilisation romaine classique ne s'est pas effondrée dans un cataclysme spectaculaire : elle s'est dissous lentement, imperceptiblement, par épuisement.
À partir du IIe siècle, les Romains de souche ont vu leur fertilité chuter – mariages tardifs, avortements, infanticides et célibat chez les élites – malgré les lois natalistes radicales d'Auguste et de ses successeurs.
Alors que son cœur démographique se vidait, l'Empire romain a ouvert ses portes à des populations extérieures qui furent invitées comme alliées, travailleurs et soldats. S'installèrent ensuite des tribus entières dotées de leurs propres chefs et lois.
L'assimilation, d'abord partielle, échoua finalement ; les nouveaux arrivants conservèrent leurs identités, fragmentant irrémédiablement le tissu culturel et ethnique de l'Occident romain.
Parallèlement, la machine productive commença à se gripper : désindustrialisation relative, déforestation massive, hausse des coûts de l'énergie, désertion des villas, perte de compétitivité au profit des périphéries. Pour financer les retraites, l'armée et la distribution des céréales, Rome choisit la voie classique des empires en déclin : impôts écrasants, dévaluation monétaire, réquisitions et lois contraignantes liant l'homme à la terre.
Ainsi, sans une seule grande bataille décisive — hormis quelques épisodes symboliques comme Ravenne en 476 —, l'Occident romain ne fut pas conquis : il se transforma lentement de l'intérieur en une mosaïque de royaumes romano-barbares.
La civilisation classique mourut, remplacée par autre chose.
Le haut Moyen Âge ne fut pas la continuation de Rome, mais son héritier. Le féodalisme n'a rien eu de romain, si ce n'est les décombres sur lesquels il est né.
Rien n'indique que l'Europe telle que nous la connaissons — cette civilisation qui a donné naissance à l'Amérique — pourra s'en sortir. Elle cède la place à autre chose : une société plus fragmentée, plus pauvre, plus dépendante de l'État, moins libre et moins européenne.
Dès lors, les puissances voisines ne résisteront pas à la tentation de s'emparer du butin :
le Maghreb, qui dispose déjà d'une véritable armée sur le sol européen ; la Turquie impérialiste et islamiste ; la Russie, empire millénaire ; et enfin les États-Unis, qui ne pourront se permettre de laisser les armes nucléaires françaises et britanniques tomber entre les mains de dirigeants islamistes.
Le cauchemar de Michel Houellebecq — un président islamiste en France — deviendra très probablement réalité ; ce n'est qu'une question de temps.
Il s'agit moins d'une prédiction que d'un constat.
Les tendances sont là, documentées, et les mécanismes de blocage institutionnels sont en place. Le reste n'est que théâtre politique.
L'Europe du XXIe siècle ressemble de plus en plus à ce que fut la Belgique au XIXe siècle : le champ de bataille des puissances qui l'entourent.
Drieu Godefridi est juriste (Université Saint-Louis, Université de Louvain), philosophe (Université Saint-Louis, Université de Louvain) et docteur en théorie du droit (Paris IV-Sorbonne).
Entrepreneur, il est PDG d'un groupe européen d'enseignement privé et administrateur du groupe PAN Medias.
Il est l'auteur du Reich vert (2020).

https://fr.gatestoneinstitute.org/22766/europe-pourrait-pas-sortir?fbclid=IwY2xjawTdGWpleHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEe_N-Ea3j4qblyxx1Q6W1SzxQY5ibPlE8jL0g4WmmKxNZaF7H0GTug79cghSc_aem_Nje47IgyWznQ_8mge0Wwwg

mardi 26 août 2025

La République islamique d'Iran : instable et mal-aimée, mais toujours dangereuse

Par Winfield Myers ● 25 août 2025

Smart Brevity ® compte : 7,5 minutes...2030 mots

Les Iraniens sont de plus en plus excédés par l'incompétence, la corruption et la brutalité de la République islamique, qui représente pourtant une menace pour ses voisins. Nous présentons trois articles de Mardo Soghom, qui écrit que les dernières opérations militaires de Téhéran visent ses voisins du Golfe, dans un contexte de menace de fermeture du détroit d'Ormuz. Soghom décrit également comment l'appel du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à « descendre dans la rue » a « ébranlé » le régime.

Il en va de même pour l'accueil froid réservé au chef de la sécurité nationale iranienne, Ali Larijani, lors de sa récente tournée régionale, selon Soghom

Aucun responsable libanais ne l'a accueilli à l'aéroport de Beyrouth , Larijani a dû se contenter de signer un document dénué de sens en Irak et, comble de malheur, la Syrie a refusé l'autorisation de survol de son avion. 

Dalga Khatinoglu fait un reportage sur les stocks de pétrole invendus de l'Iran , alors que les sanctions ont contraint le régime à prendre des mesures drastiques et coûteuses pour obscurcir ses exportations de brut.

Néanmoins, Jalal Tagreeb prévient que les nouveaux missiles balistiques iraniens représentent un danger accru pour les défenses aériennes israéliennes et américaines , et que l’approfondissement du partenariat militaire de Téhéran avec la Chine a conduit à un « réseau de défense conjoint » avec une intégration coordonnée des radars et des capteurs

Selon Soghom, l'accueil réservé au chef de la sécurité nationale iranienne, Ali Larijani, lors de sa récente tournée régionale pourrait être tout aussi froid. Aucun responsable libanais ne l'a accueilli à l'aéroport de Beyrouth, Larijani a dû se contenter de signer un document dénué de sens en Irak et, comble de malheur, la Syrie a refusé l'autorisation de survol de son avion. 

Dalga Khatinoglu fait un reportage sur les stocks de pétrole invendus de l'Iran, alors que les sanctions ont contraint le régime à prendre des mesures drastiques et coûteuses pour obscurcir ses exportations de brut.

Néanmoins, Jalal Tagreeb prévient que les nouveaux missiles balistiques iraniens représentent un danger accru pour les défenses aériennes israéliennes et américaines , et que l'approfondissement du partenariat militaire de Téhéran avec la Chine a conduit à un « réseau de défense conjoint » avec une intégration coordonnée des radars et des capteurs.

 dans le golfe Persique et l'océan Indien le 22 août 2025, au milieu des avertissements israéliens concernant une possible deuxième campagne aérienne.

Pourquoi c'est important : Ces exercices se concentrent sur les armes à courte portée, signalant la détermination de Téhéran à fermer le détroit d'Ormuz et envoyant un avertissement aux États du Golfe Persique.

  • L'Iran a menacé de fermer le détroit pendant la guerre de juin, un passage vital pour plus de 20 pour cent du pétrole mondial.

Dans l’ensemble, Téhéran semble sans défense face à la puissance aérienne israélienne, sans aucun moyen de dissuasion crédible après que ses défenses aériennes ont été anéanties en juin.

Prochaine étape : le ministre iranien des Affaires étrangères est en pourparlers avec des diplomates européens au sujet des sanctions nucléaires.

  • La réimposition potentielle de sanctions de l’ONU pourrait intensifier la crise économique de l’Iran, réduisant encore davantage ses revenus.

En résumé : si les Nations Unies rétablissent leurs sanctions économiques, les mesures actuelles de Washington gagneront en force. 

Les pays qui facilitent discrètement le commerce illicite de pétrole et les transferts financiers de l’Iran subiront une nouvelle pression pour se conformer à ces sanctions. 

Une telle mesure étoufferait les revenus déjà réduits de Téhéran et aggraverait sa crise économique.

Pour lire l'article complet, https://middle-east-forum.read.axioshq.com/p/mef-dispatch/bc128ad6-f909-4aa9-b31a-4a93bef07501?utm_source=axioshq_readership&utm_medium=web&utm_location=readership_navbar_editioni .



mercredi 9 mars 2022

 Comment un réseau de facilitateurs a aidé les oligarques russes à cacher leur
richesse à l'étranger.

Les élites proches de Vladimir Poutine ont acheminé des milliards à travers des paradis fiscaux pour échapper à l'examen et à la surveillance.

 Des avocats, des mandataires et des banquiers du monde entier ont rendu cela possible.

Par Spencer Woodman - 2 mars 2022.

 Alors que les forces russes affluent en Ukraine, les autorités occidentales lancent un effort sans précédent pour identifier et geler les avoirs détenus à l'étranger par les oligarques russes et d'autres proches du régime.


Selon certaines estimations, près de 20 % de la richesse du pays est cachée dans des juridictions offshore comme Chypre, les Seychelles, les îles Vierges britanniques, voire les États-Unis.

 L'argent ne fait pas que bouger et se cacher.

 La fuite des richesses de la Russie a été soutenue par les grandes banques et une industrie mondiale de professionnels qui se spécialisent dans la fourniture aux clients riches de sociétés fictives, de fiducies et d'autres véhicules secrets.

 Pendant près d'une décennie, le Consortium international des journalistes d'investigation s'est efforcé de dévoiler à la fois les véritables propriétaires des entités secrètes et les professionnels qui sous-tendent l'économie offshore.

 Ces rapports ont déclenché des milliards de recouvrements, conduit à l'effondrement d'empires commerciaux et suscité de nouvelles lois sur la transparence.

Mais le véritable changement systémique tarde à venir.

 Les autorités occidentales ont largement fermé les yeux sur les personnes et les entreprises qui font fonctionner le système de la monnaie noire.

 Même maintenant, la loi ENABLERS - qui obligerait un large éventail de professionnels tels que des avocats et des marchands d'art à effectuer une diligence raisonnable de base sur les sources de richesse de leurs clients d'élite - reste bloquée au Congrès américain.

 Qui sont donc les facilitateurs du système offshore ?

 Ils vont de cabinets d'avocats mondiaux, comme Baker McKenzie , un architecte du système moderne d'évasion fiscale, à de minuscules opérateurs individuels travaillant depuis les Bermudes.

 Voici une sélection de facilitateurs, d'agents offshore et de banques que l'ICIJ a identifiés comme aidant l'élite russe à se déplacer et à cacher de l'argent.

 Facilitateurs

Entreprises et individus qui ont mis en place ou utilisé des structures financières opaques pour les élites russes

 - Alastair Tulloch :

Tulloch & Co., dirigé par l'avocat britannique Alastair Tulloch, est situé dans un quartier chic de Londres, l'une des destinations les plus connues pour l'élite russe.

L'enquête Pandora Papers de l'ICIJ a rapporté que l'entreprise de Tulloch avait structuré des réseaux d'entreprises pour l'ancien vice-ministre russe des Finances Andrey Vavilov ;

- Alexander Mamut, un oligarque milliardaire et un initié politique ;

- et Vitaly Zhogin, un banquier recherché en Russie pour fraude présumée.

 Tulloch a fait appel au fournisseur de services offshore Trident Trust pour organiser le transfert de leurs actifs à des sociétés écrans enregistrées dans les îles Vierges britanniques, à Chypre et aux Bahamas. Tulloch n'a pas répondu aux demandes de commentaires.

 - Sergey Roldugin :

Une enquête de l'ICIJ en 2016 a révélé que Roldugin, un ami d'enfance russe de Poutine et un violoncelliste classique, a joué dans les coulisses d'un réseau clandestin exploité par des associés de Poutine qui a transféré au moins 2 milliards de dollars via des banques et à l'étranger.

 Au moment du reportage, Roldugin n'a pas répondu aux questions détaillées de plusieurs salles de rédaction. L'Union européenne a sanctionné Roldugin lundi, citant les conclusions de l'ICIJ .

 - Peter Kolbin :

Peter Kolbin, un autre ami de longue date de Poutine, est soupçonné par les autorités américaines de détenir des centaines de millions de dollars pour le président russe.

 Les archives de Pandora Papers montrent que Kolbin "a changé la propriété enregistrée des sociétés offshore lorsque les sanctions ont frappé" les Russes en 2014, selon le Washington Post, un partenaire de l'ICIJ.

Kolbin n'a pas pu être joint pour commenter et on ne sait pas s'il est toujours en vie.

 - Moores Rowland :

Des documents examinés par l'ICIJ et ses partenaires lient Svetlana Krivonogikh, une femme prétendument dans une relation secrète de plusieurs années avec Poutine, à un appartement de luxe à Monaco.

 Moores Rowland, une société de services financiers monégasque qui gérait les transactions entourant l'appartement, a utilisé des sociétés écrans qui auraient rendu difficile la tâche de quiconque cherchant à démêler la propriété de la propriété, selon le Washington Post.

 L'une des sociétés écrans impliquées a été cachéeà l'intérieur d'une deuxième société écran, qui appartenait à son tour à Eamonn McGregor, un comptable d'origine britannique qui dirige Moores Rowland à Monaco, selon The Post.

 Dans une lettre à The Post, un cabinet d'avocats britannique représentant Moores Rowland a défendu son client mais n'a fourni aucun commentaire pour publication.

 - Gennady Timchenko, un milliardaire du cercle restreint de Poutine récemment sanctionné par les autorités britanniques, était également un client de Moores Rowland et a utilisé l'un des mêmes actionnaires nominés.

Les avocats de Timchenko ont déclaré que tout lien entre lui et Krivonogikh était « erroné ».

 - Markom Management (Mark Omelnitski) :

Le cabinet est détenu et dirigé par Mark Omelnitski, identifié dans un rapport du Sénat américain comme un avocat basé à Londres.

 Markom est lié aux membres sanctionnés du cercle restreint du président russe Vladimir Poutine, Arkady et Boris Rotenberg. Dans un rapport d'activité suspecte de novembre 2016, la banque Barclays a déclaré avoir signalé trois virements électroniques totalisant près de 114 000 dollars entre 2013 et 2016, car elle pensait que l'argent affluait vers une société écran appartenant à un homme d'affaires lié à Arkady Rotenberg.

 Omelnitski et son entreprise « ont créé des sociétés fictives pour l'individu sanctionné [Arkady] Rotenberg », selon une note d'enquête de Barclays extraite du rapport du Sénat. "[L]a propriété de ces sociétés écrans semble être intentionnellement structurée pour être opaque afin de cacher l'identité des véritables bénéficiaires." Omelnitski a refusé de commenter par l'intermédiaire d'un avocat.

 Agents à l'étranger

 Les entreprises qui ont créé des sociétés écrans, des fiducies et d'autres produits financiers secrets pour les riches Russes dans les paradis fiscaux

- Asiaciti Trust :

Asiaciti Trust est une société basée à Singapour , avec des opérations en Nouvelle-Zélande, aux Îles Cook, aux Samoa et ailleurs. Asiaciti a créé et géré des fiducies et des sociétés écrans dans des juridictions secrètes pour des centaines de clients sud-américains, américains, asiatiques et européens, selon les Pandora Papers.

 Asiaciti a aidé Kirill Androsov, un ancien assistant principal de Poutine, avec une structure par laquelle il a acquis une société que l'oligarque russe Oleg Deripaska devait 200 millions de dollars, selon le Washington Post.

Dans une déclaration écrite, Asiaciti a nié tout acte répréhensible et a refusé de discuter de ses interactions avec Androsov.

 Appleby : Appleby, le cabinet d'avocats international offshore, est membre du « Offshore Magic Circle », un groupe des meilleurs cabinets d'avocats offshore au monde.

 La société a été fondée aux Bermudes et possède des bureaux à Hong Kong, Shanghai, les îles Vierges britanniques, les îles Caïmans et d'autres centres offshore.

 Les archives de l'enquête Paradise Papers de l'ICIJ montrent comment le secrétaire au commerce de l'ancien président américain Donald Trump, Wilbur Ross, a utilisé une chaîne d'entités des îles Caïmans pour maintenir une participation financière dans Navigator Holdings, une compagnie maritime dont les principaux clients incluent la société énergétique liée au Kremlin Sibur.

 Parmi les principaux propriétaires de Sibur figuraient Kirill Shamalov, le gendre de Poutine, et Gennady Timchenko, un milliardaire que le gouvernement américain a sanctionné en 2014 en raison de ses liens avec Poutine.

 Sibur était un client majeur de Navigator, versant à l'entreprise plus de 23 millions de dollars en 2016.

 Appleby n'a pas répondu aux questions détaillées de l'ICIJ au moment du reportage, mais a publié une déclaration en ligne indiquant qu'il avait enquêté sur les questions de l'ICIJ et qu'il était "satisfait qu'il n'y ait aucune preuve d'acte répréhensible".

 Un porte-parole de Ross a déclaré à l'époque qu'il n'avait jamais rencontré le gendre de Poutine ou les autres propriétaires de Sibur et qu'il ne faisait pas partie du conseil d'administration de Navigator lorsqu'il a initié sa relation avec Sibur.

 Alpha Consulting Limited : Fondée en 2008, Alpha est un fournisseur de services offshore avec des bureaux aux Seychelles, aux Emirats Arabes Unis et au Belize.

 La clientèle d'Alpha est à 75% russe, selon le rapport annuel 2019 de l'entreprise.

Les clients d'Alpha incluent Roman Avdeev, un milliardaire russe qui figure dans le rapport du Département du Trésor américain de 2018 au Congrès sur les oligarques et les entreprises considérées comme proches de Poutine.

 En réponse aux questions de l'ICIJ, Alpha a déclaré que la loi l'empêchait de discuter des clients.

"Depuis le début de ses activités en 2008, Alpha Consulting s'est conformé aux exigences légales locales et internationales", a déclaré la société.

 - Demetrios A. Demetriades :

Le cabinet d'avocats Demetrios A. Demetriades a fait de Chypre le centre offshore de choix pour l'argent sortant de Russie après la chute de l'Union soviétique.

 Plus de 30% des entreprises des Pandora Papers qui ont reçu des services de la société, connue sous le nom de DADLAW , avaient un ou plusieurs Russes comme bénéficiaires effectifs. Ses clients comprennent des fonctionnaires, des fraudeurs accusés et des hommes d'affaires sanctionnés de Russie et d'autres anciennes républiques soviétiques.

 Comme de nombreux autres prestataires offshore, DADLAW profite des règles de son pays d'accueil en matière de fiscalité et de secret, qui lui permettent d'aider ses clients à dissimuler des actifs aux autorités étrangères.

Il enregistre des sociétés écrans, crée et gère des fiducies et fournit des actionnaires «désignés» - des remplaçants payés pour les vrais propriétaires sur des documents officiels. DADLAW n'a pas répondu aux questions de l'ICIJ.

 - Banques

Institutions financières qui ont transféré de l'argent pour de riches Russes

 HSBC : HSBC, basée au Royaume-Uni, a été accusée dans plusieurs pays d'avoir fourni des comptes bancaires à des criminels.

 Dans les fichiers FinCEN , l'ICIJ et BuzzFeed News ont examiné de près l'implication de HSBC dans l'argent suspect, y compris en provenance de Russie.

 Selon un examen par l'ICIJ des données recueillies par le projet de signalement du crime organisé et de la corruption, HSBC a mis en banque une société écran qui était un nœud majeur dans la « laverie automatique russe », un réseau tentaculaire qui transférait vers l'Occident de l'argent entaché de délits criminels des anciens États soviétiques.

 Entre 2012 et 2014, HSBC a traité 581 millions de dollars de transferts vers et depuis les comptes de la société écran à Hong Kong, bien que les responsables de la conformité de HSBC n'aient pas compris qui était derrière la société écran, a constaté l'ICIJ.

 Dans un communiqué, HSBC a déclaré qu'il s'était "engagé dans un voyage de plusieurs années pour revoir sa capacité à lutter contre la criminalité financière". HSBC "est une institution beaucoup plus sûre qu'elle ne l'était en 2012".

 - Deutsche Bank :

Deutsche Bank a joué un rôle important dans le soi-disant scandale du commerce miroir russe - un vaste réseau de transfert d'argent qui a utilisé des échanges de titres complexes pour déplacer des milliards de fonds douteux à l'extérieur du pays.

 L'enquête FinCEN Files a révélé que "les responsables de Deutsche, y compris les cadres supérieurs, avaient une connaissance directe depuis des années de graves défaillances qui ont rendu la banque vulnérable aux blanchisseurs d'argent", selon le rapport du partenaire de l'ICIJ, BuzzFeed News .

 "Les documents montrent deux avertissements envoyés à des comités qui comprenaient Paul Achleitner, président de Deutsche, et un envoyé au conseil de surveillance de la banque", selon BuzzFeed News.

La banque, répondant aux questions des journalistes, a déclaré avoir reconnu les « faiblesses du passé » et « appris de nos erreurs », tout en investissant des centaines de millions de dollars pour renforcer ses défenses contre les crimes financiers, selon BuzzFeed News.

 - Danske Bank :

En 2018, la banque Danske a été engloutie dans un scandale majeur centré sur sa prétendue facilitation du blanchiment de centaines de milliards de dollars hors de Russie et d'autres anciens États soviétiques.


Les rapports de l'ICIJ de 2021 ont révélé les étapes extraordinaires d'une petite division dubanque a pris pour servir une clientèle obscure et très lucrative, en grande partie de Russie et d'anciennes républiques et satellites soviétiques d'Europe de l'Est et d'Asie centrale.

 Les documents montrent que de nombreux comptes bancaires étaient détenus au nom de véhicules britanniques, connus sous le nom de «sociétés à responsabilité limitée» ou LLP, et de «sociétés en commandite», LP, qui n'avaient d'autre but que de cacher l'identité de qui possédait réellement le de l'argent.

Plusieurs anciens banquiers de la division en difficulté de Danske Bank n'ont pas répondu aux questions de l'ICIJ.

 Will Fitzgibbon a contribué au reportage.

 https://www.icij.org/inside-icij/2022/03/how-a-network-of-enablers-have-helped-russias-oligarchs-hide-their-wealth-abroad/?utm_source=ICIJ&utm_campaign=03a5d9ff0f-20220309_WeeklyEmail&utm_medium=email&utm_term=0_992ecfdbb2-03a5d9ff0f-83573666&ct=t()

 

mardi 25 janvier 2022

 Quand la Justice déraille

Alors que les détenus et les délinquants sont défendus par des dizaines d'associations, les victimes sont les grandes oubliées du système judiciaire français.

Après avoir subi une agression, un viol, parfois un meurtre, les victimes se retrouvent le plus souvent seules et complètement démunies face à un système qui les broie.

 Un film d'Armel Joubert des Ouches (1h21).

 



https://youtu.be/-w693UG9ZrE

mercredi 17 novembre 2021

 La gestion religieuse des affaires fait fuir la société “Philips” présente en Algérie depuis 1957 !


 Après Philips et Volkswagen, BP vend tout à ENI et quitte l’Algérie

 Dans son édition de ce lundi 5 avril, Le Soir d’Algérie rapporte que « c’est avec un grand étonnement que nous avons appris le départ inattendu et précipité de la société Philips Healthcare, société  spécialisée dans l’équipement en imagerie médicale (équipements présents dans le secteur hospitalier et privé) ».

Par ailleurs, il est à souligner que cette décision de quitter l’Algérie sans le moindre communiqué adressé aux autorités compétentes ni justificatif clair a plongé dans un futur incertain leur personnel qui a été remercié et les partenaires commerciaux qui s’inquiètent de la prise en charge des problèmes de maintenance de leurs équipements.

 Amar, gérant d’une PME écrit : 

- « C’est tout l’environnement des affaires et le climat d’investissement, où le discours religieux a pris le pas sur la rationalité et les normes scientifiques, qui fait désormais craindre une fuite massive d’investisseurs et d’industriels qui ont de plus en plus de mal à comprendre cette domination de l’option de la religion dans la gestion, notamment de l’économie algérienne ».

 Début de ce mois de juin, la compagnie pétrolière Britannique British Petroleum (BP) faisait savoir qu’elle a décidé de rompre son contrat avec l’Algérie.

 Rappelons qu’au début de ce mois, les négociations on été effectuées avec le géant  britannique British Petroleum (BP) qui s’apprête à céder ses actifs en Algérie au Groupe Italien « ENI ».

 Évoquant le sujet, l’agence Reuter dont la dépêche a été rapportée par le site Algérie Eco indiquait le 3 juin que BP envisagerait « une vente pure et simple » à ENI avec « une possible participation » dans les actifs d’Eni ailleurs, notamment dans « le développement phare du gaz naturel liquéfié au Mozambique ».

 L’instauration d’une gestion accès sur la religion et l’idéologie par le nouveau pouvoir en Algérie continue de faire fuir nombre d’entreprises internationales.

 Depuis début 2020, par décisions purement populistes, l’Algérie interdit l’importation des kits destinés aux usines de montage de véhicules qui ont été lancées depuis 2014.

Les importations de voitures neuves sont également suspendues depuis des années.

 Le marché algérien n’est plus alimenté en véhicules neufs et la majorité des concessionnaires automobiles ont fermé leurs ateliers et leurs espaces de vente.

 Résultat : les prix des véhicules ont considérablement augmenté et les pièces de rechange d’origine se sont raréfiées sur le marché.

 Qu’en est-il du parc roulant sous garantie ?

 Sovac a précisé que le « parc roulant sous garantie à fin janvier 2021 est estimé à 97.390 véhicules et 54.693 prévus pour l’année 2022. »

 Le groupe allemand Volkswagen a  précisé  qu’il  « était  actuellement  en  phase  de  trouver  un  canal après-vente alternatif  pour  servir  ses  clients en  Algérie,  notamment  les  clients  bénéficiant encore de la garantie du constructeur », a ajouté la même source.

  « Les ateliers de Sovac Algérie et l’ensemble de son réseau sur le territoire national ne sont plus en mesure d’assurer le service de garantie pour les clients SAV.

Néanmoins, les ateliers restent ouverts pour tous les autres services au profit de ses clients hors garantie et sans la représentation des marques du Groupe Volkswagen », ajoute le communiqué.

 Lire la suite sur :

 https://marevuedepressedz.com/2021/04/05/la-gestion-religieuse-des-affaires-fait-fuir-la-societe-philips-presente-en-algerie-depuis-1957/?fbclid=IwAR18Gk0_NHDcR9teZBKHdtOczZrexG2rsUzH3Glnlvzp74-t2giLGZNjbxs


 FEMYSO, ces jeunes européens qui gravitent dans la galaxie des Frères musulmans

Par Jean-Loup Adenor et Hadrien Brachet - 14/11/2021.

 Elle est à l'origine de la campagne pro-voile du Conseil de l’Europe qui a fait polémique.

L’association FEMYSO, qui perçoit des fonds européens entretient, d’après plusieurs chercheurs, des liens avec la mouvance fondamentaliste des Frères musulmans.

 Quelques extraits :

 Le 4 novembre, une vidéo d’Al-Jazeera apparaît sur le compte Twitter de FEMYSO.

Hande Taner, présidente de l’organisation, s'en prend vivement à la France :

- « Paris est actuellement la capitale du préjugé occidental » et « la plus grosse exportation de la France est juste le racisme », lâche la jeune femme face caméra.

 La raison de sa colère ?

La campagne du Conseil de l’Europe* pour promouvoir l'acceptation du voile, accompagnée des slogans

- « Mon hijab, mon choix »,

- « La beauté se trouve dans la diversité comme la liberté dans le hijab » ou encore

- « Apportez de la joie, acceptez le hijab », vient d’être retirée après que plusieurs personnalités politiques françaises de droite comme de gauche, s'en sont indignées.

FEMYSO en était l'une des co-organisatrices.

Après s’être penché sur la conception de la campagne du Conseil de l’Europe, Marianne a enquêté sur cette association paneuropéenne qui regroupe 32 organisations membres.

 Dans ses statuts que nous avons consultés, figure l'objectif

- « d'encourager le développement d'une identité musulmane européenne ».

 FEMYSO est décrite par plusieurs chercheurs comme une émanation jeune et transnationale de l’Union des Organisations Islamiques en Europe (UOIE)**, structure proche des Frères musulmans et qui représente le courant fondamentaliste de l’islam en Europe.

 D’après les chercheurs que Marianne a interrogés, FEMYSO est partie prenante de la galaxie européenne des Frères musulmans. « FEMYSO est la branche jeune d’une organisation réputée proche des Frères musulmans, l’Union des Organisations Islamiques en Europe (UOIE), qui représente le courant fondamentaliste de l’islam en Europe et dont l’objectif est de former une élite musulmane européenne », explique à Marianne Florence Bergeaud Blackler, anthropologue au CNRS et spécialiste des mouvements islamistes.

 DES « LIENS ORGANISATIONNELS ET INTERPERSONNELS »

 Auprès de Marianne, Hiba Latreche, vice-présidente de FEMYSO maintenait le 3 novembre que l’association avait été créée à l'initiative de « jeunes musulmans européens » et qu'elle n’entretenait pas de « relations particulières » avec l'UOIE.

 Mais l’histoire de la création de FEMYSO dévoile une autre version.

 Comme le rappellent Lorenzo Vidino et Sergio Altuna, une réunion intitulée « Islam en Europe » s’est tenue en 1995 à Stockholm. Financée par le ministère des Affaires étrangères suédois et en présence de plusieurs organisations de jeunesse, dont « Jeunes Musulmans de France », la branche jeune de l’Union des organisations islamiques en France (UOIF), principale entité du courant des Frères musulmans dans l’Hexagone, cet évènement visait à créer une meilleure « coordination » entre les organisations musulmanes européennes.

 Un processus qui déboucha sur la création de FEMYSO en 1996.

 Dans la version de son site de 2007, consultée par Marianne et modifée depuis, FEMYSO reconnaissait que l’UOIE avait « invité » les organisations en charge du projet à « une réunion à Birmingham, au Royaume-Uni pour faciliter le processus ».

 « Les documents de l’UOIE prouvent très clairement que le FEMYSO est une de leurs émanations », abonde Lorenzo Vidino auprès de Marianne, professeur et directeur d’un programme sur l’extrémisme à l’Université George-Washington et expert des réseaux islamistes en Europe et en Amérique du Nord.

À LIRE AUSSI : "Nous sommes prêts à faire la guerre" : la mosquée d'Allonnes fermée après des appels au djihad

 « Dès 1996, c'est FEMYSO, basé à Bruxelles, qui est constitué comme plate-forme d'échange pour rassembler certaines organisations de jeunesse liées aux diverses fédérations nationales se trouvant dans la mouvance des frères elle-même associée au sein de l’UIOE, résume Brigitte Maréchal, docteure en sociologie et spécialiste de l'islam européen dans son livre "Les Frères musulmans en Europe. Racines et discours". Mais cet organisme de jeunesse apparaît soucieux de conserver une autonomie par rapport aux Frères, bien que certains liens interpersonnels et organisationnels soient avérés. »

 L'ancienne présidente du FEMYSO Intissar Kherigi est par exemple la fille de Rached Ghannouchi, leader du mouvement islamiste tunisien Ennahdha.

 L’étude des 32 organisations membres de FEMYSO est, elle aussi, éloquente.

Parmi elles, les « Jeunes Musulmans de France » ou, en Allemagne, le département de jeunesse du « Islamische Gemeinschaft Millî Görüş », en français « communauté islamique Millî Görüs ».

 Millî Görüs est une confédération musulmane, considérée comme proche de la Turquie.

Son émanation française a notamment refusé de signer la charte des valeurs de l’islam de France, qui engageait les signataires à lutter contre l’islam politique et les ingérences étrangères.

 Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal estimait en mai que Millî Görüs allait « à l'encontre des valeurs de la République ».

 Autre membre de FEMYSO : l’Institut Européen des Sciences Humaines dont le doyen n’est autre qu’Ahmed Jaballah.

Il est considéré par nos confrères de Libération comme « l'une des figures les plus respectées et influentes de Musulmans de France, l'ex-UOIF, proche de la confrérie des Frères musulmans ».

 FEMYSO a aussi publiquement apporté son soutien au CCIF après sa dissolution, jugeant que « le gouvernement français soutenu par l’extrême droite et d’autres groupes extrémistes utilisait l’évènement barbare [de la mort de Samuel Paty] pour criminaliser et dissoudre le CCIF ».

 Enfin, FEMYSO a invité plusieurs fois le prédicateur Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur des Frères musulmans.

 En 2011, il intervenait à une session d’études sur l’islamophobie qu’organisait FEMYSO au Centre Européen de la Jeunesse qui dépend du Conseil de l’Europe.

 En 2012, l’association interviewait Tariq Ramadan au cours de la « Rencontre annuelle des musulmans de France », organisée par l’UOIF.

 LOBBYING AU PLUS HAUT NIVEAU

 Des liens qui n’empêchent pas plusieurs institutions européennes de travailler activement avec l’association depuis les années 2000.

 Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si FEMYSO a installé ses bureaux à Bruxelles.

En septembre 2003 déjà, FEMYSO coorganisait un événement au Parlement européen sur le dialogue interreligieux.

 Preuve que la coopération se poursuit jusqu'aujourd'hui :

- le 17 novembre prochain, la commissaire européenne à l'égalité Helena Dalli doit recevoir une délégation de l'association.

Parmi les partenaires institutionnels que FEMYSO mentionne sur son site : la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’Europe.

 Lire l’article complet sur :

 https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/femyso-ces-jeunes-europeens-qui-gravitent-dans-la-galaxie-des-freres-musulmans?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20211115&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiYTRkNzFiNzA1MTQ3ZmQxN2MwZDg4MjA2MTU5YTI3NzIifQ%3D%3D