jeudi 27 février 2020

La mer en bouteille

Sète : Un « navire usine » puise de l'eau de mer en Méditerranée et la met en bouteilles
Nicolas Bonzom - 27/02/20.

Ce bateau pas comme les autres est capable de produire 4 millions de bouteilles en deux semaines.

L'ODeep One — OFWS

Depuis quelques mois, un imposant navire de 200 mètres de long est l’objet de toutes les curiosités, dans le port de Sète, dans l'Hérault. Il est vrai que l'ODeep One, un ancien car-ferry, n’est pas vraiment un bateau comme les autres. Il renferme une véritable usine flottante, qui met l’eau de mer… en bouteilles.

L'usine d'embouteillage embarquée sur l'ODeep One - OFWS

Le navire quitte régulièrement l’Île singulière, et, au large de Toulon ou de l’Espagne, puise de l’eau de mer, à 300 mètres de profondeur.

Grâce à un savant dispositif, le sodium et le chlore sont retirés, puis la boisson, naturelle et sans aucune adjonction, est conditionnée en bouteilles.

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 Ce « navire usine » est capable d’en produire 4 millions en deux semaines. L'ODeep est ensuite vendue, notamment sur Amazon, où on trouve cette « eau des océans » à 25 euros les 12 bouteilles de 60 cl ou 13 euros le cubi de 5 litres. Des discussions sont également en cours avec la grande distribution.

« Riche de 78 minéraux »
Cette drôle d’idée, c’est Régis Revilliod, capitaine de la marine marchande, qui l’a eue. Ce spécialiste de l’ingénierie industrielle s’est inspiré, dit-il, des travaux de René Quinton, un biologiste français, mort en 1925, qui a vanté les bienfaits de l’eau de mer, la comparant au liquide présent dans notre organisme.

Mais aussi d’un souvenir d’enfance. « A Dieppe, dans les années 1960, j’ai été élevé à l’huile de foie de morue, raconte Régis Revilliod. Pour la faire passer, ma mère me donnait une cuillère de Marinol [une mixture d’algues et d’eau de mer]. J’ai été profondément marqué par cette potion magique. »

Pour le capitaine normand, fondateur de l’entreprise Ocean Fresh Water Group, qui emploie 160 salariés, il ne fait absolument aucun doute : pêchée à 300 mètres de profond, l’eau de mer est naturellement riche de 78 minéraux, elle est bénéfique pour la santé et exempte de tout polluant ou pesticide.

« Pour avoir 78 minéraux dans votre assiette, il faut une quarantaine de légumes, qui ne poussent pas à la même époque, ni sur les mêmes hémisphères, détaille Régis Revilliod. Boire un litre d’ODeep, c’est l’équivalent d’un bain de mer. C’est de la thalassothérapie de l’intérieur. »

Après avoir pompé l’eau de la Méditerranée, l’ODeep One devrait, bientôt, aller pêcher au large de l’Asie, pour proposer ses bouteilles au marché asiatique.
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Laboratoires La Biomarine - fondateur est Marcel Bosquet - 1911

« Ces industries qui ont fait la gloire de Dieppe

Au carrefour d'influences diverses liées à son port, la ville de Dieppe a connu un essor économique florissant, mais aujourd'hui, il ne reste bien souvent que quelques marques ou même de rares souvenirs de ce patrimoine industriel disparu.

Parmi les industries des produits de la mer, il y eut les Laboratoires La Biomarine qui « mettaient l'eau de mer en bouteilles ». Leur fondateur est Marcel Bosquet, un Rouennais spécialisé à l'origine dans les assurances fluviales, qui eut l'idée en 1911 de proposer des médicaments à base d'eau de mer.

Ainsi naît le Marinol, le produit phare du laboratoire, dont il a acheté le brevet à André Cussac.
Celui-ci, pharmacien, avait corrigé le mauvais goût du produit marin en y ajoutant « des extraits glycérines de fucus iodifères pourvus d'un goût agréable et d'une digestibilité facile ».

Marcel Bosquet a développé progressivement son produit, puis deux dérivés :
la Plasmarine sous forme de sirop et l'Ionyl en gouttes.

Dans les années 1930, la fabrication a été industrialisée et le laboratoire a employé une centaine de personnes, puis est venue la période difficile de l'Occupation allemande.

L'activité a redémarré après la guerre, une équipe de visiteurs médicaux a développé la promotion des produits, mettant en avant pour le Marinol et la Plasmarine, « le traitement énergétique de la plupart des états chroniques de l'enfance et de l'adolescence » et, pour l'Ionyl, « le surmenage physique et intellectuel ».
Ils mettaient également en exergue les composants majeurs des produits : « les phosphates calciques, les algues marines






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